Ven­te à emporter (AI)
  • Déve­lo­p­pe­ment d’un assi­stant IA sou­ve­rain, basé sur des modè­les lin­gu­isti­ques open source, spé­cia­le­ment con­çu pour les mem­bres du Con­seil, héber­gé sur une infras­truc­tu­re suisse.
  • Assurer la pro­tec­tion des don­nées et la con­fi­den­tia­li­té afin d’é­vi­ter la fuite d’in­for­ma­ti­ons sen­si­bles vers des pla­te­for­mes étrangères.
  • Évi­ter les dépen­dan­ces exter­nes et les biais par une solu­ti­on coor­don­née au niveau natio­nal, adap­tée aux valeurs démo­cra­ti­ques et aux beso­ins parlementaires.

Moti­on CIP‑N (25.3530) : Pour un assi­stant IA sou­ve­rain, sûr et sen­si­ble au con­tex­te pour les députés

Tex­te soumis

Le bureau du Con­seil natio­nal est char­gé de fai­re déve­lo­p­per un assi­stant d’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le spé­cia­le­ment pour les mem­bres de l’As­sem­blée fédé­ra­le. Cet outil doit être basé sur un modè­le de lan­ga­ge open source, adap­té aux beso­ins du pou­voir légis­la­tif et con­nec­té aux bases de don­nées per­ti­nen­tes de la Con­fé­dé­ra­ti­on. L’as­si­stant d’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le doit être héber­gé sur une infras­truc­tu­re sui­s­se sou­ve­rai­ne afin de garan­tir la con­fi­den­tia­li­té et l’in­dé­pen­dance des répon­ses par rap­port aux influen­ces étrangères.

Mino­ri­té

Une mino­ri­té de la com­mis­si­on (Schny­der Mar­kus, Addor, Golay Roger, Gra­ber Micha­el, Göt­te, Hurter Tho­mas, Knut­ti, Tue­na, Zuber­büh­ler) pro­po­se de rejeter la motion.

Justi­fi­ca­ti­on

L’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le (IA) pro­gres­se rapi­de­ment et devi­ent dans de nombreux domain­es – y com­pris dans le tra­vail par­le­men­tai­re – une outil indis­pensable. Plu­sieurs mem­bres du Con­seil uti­li­sent déjà des chat­bots d’IA com­me ChatGPT ou Clau­deLes outils d’ana­ly­se de tex­tes, d’é­la­bo­ra­ti­on d’in­ter­ven­ti­ons ou de syn­thè­se de docu­ments. Ces outils sont cer­tes uti­les, mais leur uti­li­sa­ti­on pose les trois prin­ci­paux défis suivants :

  1. Il y a un ris­que que des infor­ma­ti­ons sen­si­bles soi­ent trans­mi­ses aux cad­re sûr de la Con­fé­dé­ra­ti­on quit­ter et deve­nir public.
  2. Il y a un ris­que que les répon­ses des outils avec un “Biais“Les décis­i­ons de l’UE peu­vent être influen­cées par des décis­i­ons de l’OCDE, par une hié­rar­chi­sa­ti­on des prio­ri­tés ou par une logi­que qui va à l’en­cont­re des inté­rêts de la Suisse.
  3. Il exi­ste une dépen­dance struc­tu­rel­le de tech­no­lo­gies déve­lo­p­pées en dehors du cad­re insti­tu­ti­on­nel et juri­di­que suisse.

Pour répond­re à ces défis, la Sui­s­se doit pro­po­ser une alter­na­ti­ve sou­ve­rai­ne et per­for­man­te : un des assi­stants IA spé­cia­le­ment con­çus pour les mem­bres du Con­seilIl s’a­gi­rait d’un assi­stant de réd­ac­tion, héber­gé sur des ser­ve­urs en Sui­s­se, qui s’in­spi­rerait des valeurs démo­cra­ti­ques de la Sui­s­se et serait relié aux res­sour­ces docu­men­tai­res per­ti­nen­tes pour le man­dat des mem­bres du Con­seil. Cet assi­stant pour­rait offrir des fonc­tions uti­les et ciblées : ent­re aut­res, résu­mé des pro­jets de loi, aide à la réd­ac­tion de tex­tes, com­pa­rai­son de tex­tes ou d’initia­ti­ves simi­lai­res, aide à la veil­le thématique.

Un tel outil per­met­trait non seu­le­ment d’ac­croît­re l’ef­fi­ca­ci­té du tra­vail par­le­men­tai­re, mais aus­si d’assurer la sou­ve­rai­ne­té numé­ri­que du Par­le­ment en empêchant l’é­ch­an­ge de don­nées sen­si­bles via des pla­te­for­mes étran­gè­res. Pour le pou­voir légis­la­tif, il s’a­git d’u­ne que­sti­on fon­da­men­ta­le de sécu­ri­té et d’indépendance.

Le site La Biblio­t­hè­que du Par­le­ment a déjà lan­cé un pro­jet pilo­te dans ce sens et aus­si plu­sieurs unités fédé­ra­les testent des solu­ti­ons d’IA adap­tées à leurs beso­ins. Il est essen­tiel de coor­don­ner ces efforts. Il est temps que la plus hau­te instance démo­cra­tique du pays se dote éga­le­ment d’un outil à la hauteur de ses responsa­bi­li­tés et ne se con­tente pas de Gov­Chat, desti­né à l’administration.

Des pays com­me l’I­ta­lie se sont déjà enga­gés dans cet­te voie. La Sui­s­se ne doit plus dépend­re d’ac­teurs exté­ri­eurs pour l’e­xer­ci­ce de son pou­voir législatif.