Ven­te à emporter (AI)
  • Le Con­seil fédé­ral recom­man­de de sépa­rer clai­re­ment les tâches nor­ma­ti­ves du ser­vice de sur­veil­lan­ce des tâches exé­cu­ti­ves de pour­suite pénale.
  • Les aspects de la pour­suite péna­le doi­vent être exclus de la ver­si­on révi­sée du Büpf et réglés dans le CPP, y com­pris l’uti­li­sa­ti­on de Govern­ment Software.
  • Le Con­seil fédé­ral rejet­te pro­vi­so­i­re­ment l’as­su­jet­tis­se­ment de l’in­fras­truc­tu­re de ser­vices à la LSIP et la régle­men­ta­ti­on immé­dia­te de l’in­dem­ni­sa­ti­on des four­nis­seurs ; exami­ne cet­te que­sti­on dans le mes­sa­ge sur la révision.

Moti­on Von Rotz (10.3877) : Révi­si­on du Büpf
Clas­sé le 17.06.2015 en rela­ti­on avec la déli­bé­ra­ti­on de l’ob­jet 13.025

Tex­te soumis

Le Con­seil fédé­ral est char­gé d’ad­ap­ter la loi fédé­ra­le sur la sur­veil­lan­ce de la cor­re­spond­ance par poste et télé­com­mu­ni­ca­ti­on (LSCPT) dans le cad­re de la révi­si­on tota­le pré­vue, de maniè­re à ce que les points sui­vants soi­ent pris en compte :

1) Il con­vi­ent de décr­i­re les tâches nor­ma­ti­ves et régle­men­tai­res que le ser­vice de sur­veil­lan­ce doit assu­mer sans rece­voir d’ins­truc­tions et les tâches que le ser­vice assu­me en tant qu’or­ga­ne d’exé­cu­ti­on de la pour­suite péna­le. Une sépa­ra­ti­on en deux enti­tés est envisageable.

2. tous les aspects de l’ap­pli­ca­ti­on de la loi doi­vent être omis

3. l’in­fras­truc­tu­re tech­ni­que du ser­vice doit être sou­mi­se à la loi fédé­ra­le sur les systè­mes d’in­for­ma­ti­on de poli­ce de la Con­fé­dé­ra­ti­on (LSIP).

4. les four­nis­seurs de ser­vices de télé­com­mu­ni­ca­ti­on sont indem­ni­sés par le ser­vice pour les frais de justi­ce effec­ti­ve­ment encou­rus par sur­veil­lan­ce, jus­qu’à con­cur­rence d’un mon­tant maxi­mal à fixer.

Justi­fi­ca­ti­on

La révi­si­on tota­le du Büpf a ren­con­tré une lar­ge oppo­si­ti­on lors de la con­sul­ta­ti­on. Pour­tant, une révi­si­on est néces­saire, car la pour­suite péna­le doit pou­voir sur­veil­ler en der­niè­re instance, et ce éga­le­ment les canaux de com­mu­ni­ca­ti­on moder­nes qui ne sont pas cou­verts par le Büpf actuel.

Le Büpf ne doit pas rég­ler ce qui est réglé ail­leurs. Les pos­si­bi­li­tés et les pro­ce­s­sus de la pour­suite péna­le sont réglés dans le P‑CPP, y com­pris la sur­veil­lan­ce des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons et ce que l’on appel­le les Govern­ment Software.

Com­me la nou­vel­le infras­truc­tu­re tech­ni­que cen­tra­le du ser­vice de sur­veil­lan­ce à cré­er sert à l’exé­cu­ti­on d’u­ne mesu­re de con­train­te et uni­quement aux auto­ri­tés de pour­suite péna­le, elle doit être sub­or­don­née à la LSIP.

Com­me la maîtri­se des don­nées n’in­com­be pas aux explo­itants selon le Büpf, mais aux auto­ri­tés de pour­suite péna­le qui ont ordon­né la sur­veil­lan­ce, la pro­tec­tion des don­nées est régie par les dis­po­si­ti­ons du CPP, de la LSIP et, le cas échéant, par des direc­ti­ves can­to­na­les ou fédérales.

D’aut­re part, la loi doit sépa­rer les tâches et obli­ga­ti­ons nor­ma­ti­ves du ser­vice des obli­ga­ti­ons pure­ment exé­cu­ti­ves du ser­vice, com­me c’est l’u­sa­ge dans un État de droit. La fix­a­ti­on des nor­mes doit être réglée de maniè­re à assurer la sécu­ri­té de la pla­ni­fi­ca­ti­on pour la FDA et la sécu­ri­té de la sur­veil­lan­ce pour la pour­suite péna­le. Les finan­ces doi­vent être réglées de maniè­re à ce que les coûts du ser­vice restent aus­si fai­bles que pos­si­ble, tan­dis que les sur­veil­lan­ces sont payées selon le prin­ci­pe du pollueur-payeur.

Avis du Con­seil fédéral

1) Le Con­seil fédé­ral pro­po­se d’ac­cep­ter le chif­fre 1 de la moti­on. Il souli­gne tou­te­fois que, selon le droit en vigueur (art. 2, al. 2, de la loi fédé­ra­le du 6 octobre 2000 sur la sur­veil­lan­ce de la cor­re­spond­ance par poste et télé­com­mu­ni­ca­ti­on, LSCPT ; RS 780.1), l’in­dé­pen­dance du ser­vice con­cer­ne les rela­ti­ons avec le DFJP et le Con­seil fédé­ral et non cel­les avec les auto­ri­tés de pour­suite péna­le. Par rap­port aux auto­ri­tés de pour­suite péna­le, le ser­vice est de tou­te façon indé­pen­dant au sens hié­rar­chi­que du ter­me (c’est-à-dire qu’il n’e­xi­ste pas de droit de don­ner des ins­truc­tions ou de droit des auto­ri­tés de pour­suite péna­le d’a­gir direc­te­ment à la place du ser­vice). Le Ser­vice est tou­te­fois lié par les ord­res de sur­veil­lan­ce exé­cu­toires des auto­ri­tés de pour­suite pénale.

2. le Con­seil fédé­ral pro­po­se d’ac­cep­ter éga­le­ment le chif­fre 2 de la moti­on. Les aspects de la pour­suite péna­le doi­vent en effet être sup­p­ri­més de la révi­si­on tota­le du Büpf. En l’é­tat actuel des travaux de révi­si­on en cours et sur la base de sa décis­i­on du 23 novembre 2011 à ce sujet, le Con­seil fédé­ral part du prin­ci­pe qu’il faut cré­er dans le code de pro­cé­du­re péna­le (CPP ; RS 312.0) une base léga­le expli­ci­te pour l’uti­li­sa­ti­on de logi­ciels gou­ver­ne­men­taux de sur­veil­lan­ce des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons. Dans ce con­tex­te, il exami­ne éga­le­ment si une base léga­le cor­re­spond­an­te doit être cré­ée dans le CPP pour l’uti­li­sa­ti­on de systè­mes d’i­den­ti­fi­ca­ti­on, de loca­li­sa­ti­on et d’in­ter­cep­ti­on tels que les Imsi-Catchers.

3. le Con­seil fédé­ral pro­po­se de rejeter le chif­fre 3 de la moti­on. Il ne peut pas enco­re se pro­non­cer sur la pro­po­si­ti­on qu’il con­ti­ent, car il doit enco­re exami­ner la que­sti­on dans le cad­re des aut­res travaux de révi­si­on tota­le du Büpf. Ceci en même temps que des que­sti­ons con­ne­xes qui se sont posées suite à sa décis­i­on du 23 novembre 2011 de stocker à long ter­me les don­nées de sur­veil­lan­ce dans un système infor­ma­tique cen­tral auprès du ser­vice Sur­veil­lan­ce de la cor­re­spond­ance par poste et télé­com­mu­ni­ca­ti­on de la Con­fé­dé­ra­ti­on. Il con­vi­ent de gar­der à l’e­sprit que même si le système de trai­te­ment des don­nées du ser­vice était sou­mis à la loi fédé­ra­le du 13 juin 2008 sur les systè­mes d’in­for­ma­ti­on de poli­ce de la Con­fé­dé­ra­ti­on (LSIP ; RS 361), des dis­po­si­ti­ons léga­les spé­ci­fi­ques dev­rai­ent être cré­ées pour ce système, com­me pour les aut­res systè­mes sou­mis à la LSIP. Il ne faut pas pré­ju­ger de la que­sti­on – notam­ment réd­ac­tion­nel­le – de savoir dans quel­le loi les dis­po­si­ti­ons néces­saires peu­vent être mieux pla­cées. Le Con­seil fédé­ral se pro­non­cera sur ces que­sti­ons dans son mes­sa­ge rela­tif à la révi­si­on tota­le de la LSIP, qui dev­rait être dis­po­ni­ble dans le cou­rant de l’an­née 2012.

4) Le Con­seil fédé­ral pro­po­se de rejeter éga­le­ment le point 4 de la moti­on. Il ne peut pas enco­re se pro­non­cer sur la pro­po­si­ti­on qu’il con­ti­ent, car il doit enco­re exami­ner de maniè­re appro­fon­die la que­sti­on des coûts liés à la sur­veil­lan­ce de la cor­re­spond­ance par poste et télé­com­mu­ni­ca­ti­on – notam­ment les indem­ni­tés à ver­ser aux four­nis­seurs de ser­vices de télé­com­mu­ni­ca­ti­on et les émo­lu­men­ts à la char­ge des auto­ri­tés de pour­suite péna­le – dans le cad­re des travaux ulté­ri­eurs de révi­si­on tota­le du Büpf. Le Con­seil fédé­ral se pro­non­cera éga­le­ment sur ce point dans son message.