Ven­te à emporter (AI)
  • L’au­to­ri­té autri­chi­en­ne de pro­tec­tion des don­nées inf­li­ge une amen­de de 18 mil­li­ons d’eu­ros à Öster­rei­chi­sche Post AG pour trai­te­ment illé­gal de données.
  • Les pro­fils d’en­vi­ron 2,2 mil­li­ons de per­son­nes sont con­cer­nés, y com­pris les infor­ma­ti­ons sur les affi­ni­tés par­ti­s­a­nes, clas­sées com­me caté­go­ries par­ti­cu­liè­res selon l’ar­tic­le 9 du RGPD.
  • Le tri­bu­nal de gran­de instance de Feld­kirch a accor­dé des dom­mages et inté­rêts moraux de 800 euros et a con­fir­mé le trai­te­ment de caté­go­ries par­ti­cu­liè­res sans base juridique.
  • Le tri­bu­nal a souli­g­né qu’il exi­ste un seuil d’im­portance pour le pré­ju­di­ce moral ; tou­tes les con­sé­quen­ces du dép­lai­sir ne sont pas indemnisables.

Le site auto­ri­té autri­chi­en­ne de pro­tec­tion des don­nées a inf­li­gé une amen­de de 18 mil­li­ons d’eu­ros à Öster­rei­chi­sche Post AG (ÖPAG) (Com­mu­ni­qué de pres­se). L’a­men­de n’a pas force de loi et l’Ö­PAG a annon­cé qu’el­le n’ac­cep­terait pas l’amende.

Le con­tex­te est la coll­ec­te et la trans­mis­si­on de pro­fils de don­nées con­cer­nant appa­rem­ment 2,2 mil­li­ons de per­son­nes. Ces pro­fils ont des indi­ca­ti­ons éga­le­ment sur Affi­ni­té avec le par­ti c’est-à-dire sur la pro­ba­bi­li­té d’élec­tion d’un cer­tain par­ti, tel­le qu’e­sti­mée par l’Ö­PAG. Il s’a­gi­rait, selon l’au­to­ri­té de pro­tec­tion des don­nées, de caté­go­ries par­ti­cu­liè­res de don­nées per­son­nel­les au sens de l’ar­tic­le 9 du RGPD, ce qui aurait exi­gé un con­sen­te­ment expli­ci­te. L’au­to­ri­té a éga­le­ment con­sta­té d’aut­res violations.

Dans la même affai­re, le tri­bu­nal de gran­de instance de Feld­kirch a accor­dé une indem­ni­sa­ti­on imma­té­ri­el­le à la vic­ti­me. Dom­mages et inté­rêts d’un mon­tant de EUR 800 attri­bué (Juge­ment du 7 août 2019). Le tri­bu­nal de gran­de instance a éga­le­ment con­clu que ÖPAG avait – sans base juri­di­que – trai­té des caté­go­ries par­ti­cu­liè­res de don­nées personnelles.

Le tri­bu­nal de gran­de instance a tout de même retenu

Le RGPD ne fixe pas de seuil d’im­portance pour la répa­ra­ti­on du pré­ju­di­ce moral. Néan­mo­ins, tous les sen­ti­ments de dép­lai­sir liés à une vio­la­ti­on du droit ne sont pas indem­nis­ables, mais l’att­ein­te aux inté­rêts doit être pro­por­ti­on­nel­le au pré­ju­di­ce subi. Poids à don­ner à l’é­du­ca­ti­onpar­ce que le autri­chi­en­ne droit de l’in­dem­ni­sa­ti­on, une tel­le Seuil de maté­ria­li­té imma­nent est […].