Ven­te à emporter (AI)
  • La Cour suprê­me de Zoug a déci­dé que les enre­gi­stre­ments par dash­cam pou­vai­ent être auto­ri­sés par le droit de la pro­tec­tion des don­nées après une pesée des intérêts.
  • Les preu­ves de la dash­cam étai­ent uti­li­sables, car le plaignant avait agi de maniè­re légiti­me pour pré­ser­ver les preuves.
  • L’é­lé­ment déclen­cheur a été une for­te pres­si­on exer­cée par le pré­ve­nu, qui a créé un ris­que con­cret de col­li­si­on par l’arrière.
  • L’in­té­rêt de la con­ser­va­ti­on des preu­ves a préva­lu sur le droit de la per­son­na­li­té du pré­ve­nu ; le fran­chis­se­ment de la dou­ble ligne de sécu­ri­té est con­sidé­ré com­me prouvé.

La Cour suprê­me de Zoug a déci­dé – déjà le 11 mai 2017 – (Décis­i­on du 11 mai 2017, GVP 2017, 195), que l’uti­li­sa­ti­on d’u­ne dash­cam peut être auto­ri­sée en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées sur la base d’u­ne pesée des inté­rêts et que les preu­ves obte­nues en con­sé­quence peu­vent être utilisables :

[…] dans le cas pré­sent, il est déter­mi­nant que le dénon­cia­teur auto­ri­sé à con­ser­ver des preu­ves la dash­cam, après que l’ac­cusé l’eut har­celé avec sa Por­sche de tel­le maniè­reIl n’y a pas eu d’in­frac­tion à la loi. En accord avec l’in­stance pré­cé­den­te, il ne faut pas y voir d’il­lé­ga­li­té, d’autant plus que le pré­ve­nu, par son com­porte­ment au volant, a créé le ris­que d’u­ne col­li­si­on par l’ar­riè­re qui, comp­te tenu des vites­ses éle­vées, aurait pu avoir des con­sé­quen­ces gra­ves (avis appa­rem­ment par­ta­gé par le Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence, selon lequel l’in­té­rêt com­pré­hen­si­ble d’a­voir des images à por­tée de main com­me moy­en de preuve en cas d’ac­ci­dent ne con­sti­tue pas un inté­rêt prépon­dé­rant par rap­port à la pro­tec­tion de la per­son­na­li­té ; cf. OG GD 5/11 p. 2 [n. ici]). En d’aut­res ter­mes, le l’en­re­gi­stre­ment du fran­chis­se­ment de la dou­ble ligne de sécu­ri­té par la pre­miè­re infrac­tion, net­te­ment plus gra­ve, se voit attri­buer un lien avec le motif de l’in­frac­tionCon­trai­re­ment à l’a­vis du pré­ve­nu, il n’y a pas d’att­ein­te illi­ci­te à la per­son­na­li­té et donc pas d’in­ter­dic­tion d’ex­ploi­ter les preu­ves. L’in­té­rêt du dénon­cia­teur à mett­re en ser­vice ou à lais­ser fonc­tion­ner la dash­cam pour la con­ser­va­ti­on des preu­ves était, dans les cir­con­stances don­nées, plus important que celui du pré­ve­nu à se dépla­cer dans la cir­cula­ti­on rou­tiè­re sans être obser­vé et sans con­trô­le. Le fran­chis­se­ment de la dou­ble ligne de sécu­ri­té a donc été prou­vé (en quel­que sor­te deux fois).