Ven­te à emporter (AI)
  • habi­li­ta­ti­on du PFPDT à pro­non­cer des sanc­tions admi­ni­stra­ti­ves effi­caces, pro­por­ti­onnées et dissua­si­ves en cas de vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des données.
  • Amen­des cal­culées en fonc­tion de la gra­vi­té et de l’in­ten­ti­on ; pour les per­son­nes mora­les à but lucra­tif, jus­qu’à 10% du chif­fre d’af­fai­res dans les cas graves.

Initia­ti­ve par­le­men­tai­re Schwa­ab (14.404) : Pour des sanc­tions réel­le­ment dissua­si­ves en cas de vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des données
Pas de suite don­née (17.03.2015)

Tex­te soumis

En ver­tu de l’ar­tic­le 160, ali­néa 1, de la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le et de l’ar­tic­le 107 de la loi sur le Par­le­ment, je dépo­se l’initia­ti­ve par­le­men­tai­re suivante :

La loi sur la pro­tec­tion des don­nées est modi­fi­ée com­me suit :

1) Le Pré­po­sé fédé­ral à la pro­tec­tion des don­nées et à la trans­pa­rence (PFPDT) est habi­li­té à pro­non­cer des sanc­tions admi­ni­stra­ti­ves effi­caces, pro­por­ti­onnées et dissua­si­ves en cas de vio­la­ti­on des dis­po­si­ti­ons du droit fédé­ral rela­ti­ves à la pro­tec­tion des don­nées. La loi règ­le la pro­cé­du­re et les voies de recours.

2) Le mon­tant de l’a­men­de admi­ni­stra­ti­ve est fixé en tenant comp­te de la natu­re, de la gra­vi­té et de la durée de l’in­frac­tion et en fonc­tion du fait que l’in­frac­tion a été com­mi­se inten­ti­on­nel­le­ment ou par nég­li­gence. Si l’in­frac­tion est com­mi­se par une per­son­ne mora­le exer­çant une acti­vi­té à but lucra­tif, l’a­men­de peut att­eind­re, dans les cas les plus gra­ves, jus­qu’à 10 % du chif­fre d’affaires.

Justi­fi­ca­ti­on

Les vio­la­ti­ons grossiè­res de la pro­tec­tion des don­nées sont de plus en plus fré­quen­tes. Les nou­vel­les tech­no­lo­gies et les réseaux soci­aux ren­dent le trai­te­ment des don­nées à gran­de échel­le beau­coup plus faci­le. Il est faci­le d’é­ta­b­lir des pro­fils de per­son­na­li­té très détail­lés. Le cloud com­pu­ting favo­ri­se le stocka­ge de don­nées à l’étran­ger, sou­vent sans aucu­ne pos­si­bi­li­té de con­trô­le. D’un simp­le clic, les don­nées de cen­tai­nes de mil­liers de per­son­nes peu­vent être déro­bées, fal­si­fi­ées ou uti­li­sées à des fins non pré­vues, et ce géné­ra­le­ment sans que les per­son­nes con­cer­nées s’en ren­dent comp­te. Cel­les-ci ne peu­vent guè­re empêcher l’uti­li­sa­ti­on abu­si­ve de leurs don­nées per­son­nel­les, car les con­di­ti­ons géné­ra­les de la plu­part des sites web sur les­quels des don­nées sont sai­sies ou trai­tées sont for­mulées de maniè­re uni­la­té­ra­le et avantageuse.

Lorsque des par­ti­cu­liers ou des ent­re­pri­ses ten­tent de se défend­re, ils doi­vent s’at­tendre à des pro­cé­du­res longues et coûteu­ses, et le résul­tat est rare­ment satis­faisant. Le PFPDT n’est habi­li­té qu’à émett­re des recom­man­da­ti­ons. Or, cel­les-ci sem­blent rare­ment dissua­der les ent­re­pri­ses, sou­vent des mul­ti­na­tio­na­les de l’In­ter­net, qui con­trô­lent une quan­ti­té crois­s­an­te de don­nées per­son­nel­les. Il est donc urgent de doter le PFPDT d’un pou­voir de sanction.

Pour que les sanc­tions soi­ent réel­le­ment dissua­si­ves, les amen­des doi­vent tenir comp­te de l’é­nor­me puis­sance finan­ciè­re des mul­ti­na­tio­na­les con­cer­nées. Ain­si, les amen­des de 150 000 euros et 900 000 euros inf­li­gées à Goog­le par les auto­ri­tés fran­çai­se et espa­gno­le de pro­tec­tion des don­nées pour des vio­la­ti­ons répé­tées de la pro­tec­tion des don­nées ont sus­ci­té la risée de la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne. La com­mis­saire Vivia­ne Reding a qua­li­fié ces mon­tants d’ ”amen­de d’ar­gent de poche”. Elle a alors fait part de sa fer­me inten­ti­on de por­ter les pos­si­bi­li­tés de sanc­tions dans ce domaine à plus de 2 % du chif­fre d’af­fai­res glo­bal des ent­re­pri­ses con­cer­nées. Aux Etats-Unis, les auto­ri­tés amé­ri­cai­nes (FTC) ont con­dam­né Goog­le en 2012 à une amen­de de 22,5 mil­li­ons de dol­lars pour vio­la­ti­on de la vie privée.

La Sui­s­se a beso­in d’u­ne pro­tec­tion des don­nées effi­cace et adap­tée aux défis actuels. Une légis­la­ti­on moder­ne impli­que sans aucun dou­te des sanc­tions réel­le­ment dissuasives.

Rap­port de la Com­mis­si­on des insti­tu­ti­ons poli­ti­ques du 31 octobre 2014 :