Ven­te à emporter (AI)
  • Modi­fi­ca­ti­on de la Con­sti­tu­ti­on : l’ar­tic­le 10, para­gra­phe 2, doit inclu­re expli­ci­te­ment le droit à l’in­té­gri­té numérique.
  • Défi­ni­ti­on : l’in­té­gri­té numé­ri­que com­prend la pro­tec­tion de la vie numé­ri­que et des don­nées à carac­tère per­son­nel résul­tant des acti­vi­tés en ligne.
  • Droit de con­trô­le : tou­te per­son­ne doit pou­voir deman­der à con­sul­ter les don­nées numé­ri­ques coll­ec­tées et asso­ciées et com­prend­re quel­les don­nées sont collectées.
  • Lar­ge sou­ti­en : la reven­dica­ti­on fait par­tie d’u­ne initia­ti­ve popu­lai­re et a été expri­mée avec des sou­ti­ens can­tonaux et poli­ti­ques différents.

Initia­ti­ve par­le­men­tai­re Ben­da­han (22.479) : Inscr­i­re le droit à l’in­té­gri­té numé­ri­que dans la Constitution

Tex­te soumis

Artic­le 10 L’a­li­néa 2 de la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le doit être modi­fié com­me suit :
2 Tou­te per­son­ne a droit à la liber­té per­son­nel­le, notam­ment à l’in­té­gri­té phy­si­que, men­ta­le et numé­ri­que et à la liber­té de mouvement.

Justi­fi­ca­ti­on

L’é­vo­lu­ti­on de la socié­té, et notam­ment l’in­tro­duc­tion mas­si­ve de nou­vel­les tech­no­lo­gies, soulè­ve de nou­vel­les que­sti­ons que l’on ne se posait pas ou peu à l’é­po­que de l’ad­op­ti­on de not­re Con­sti­tu­ti­on. Le déve­lo­p­pe­ment d’In­ter­net, des réseaux soci­aux, du big data, de l’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le, ain­si que la mon­dia­li­sa­ti­on et la con­cen­tra­ti­on des tech­no­lo­gies cré­ent des oppor­tu­ni­tés et de la valeur ajou­tée, mais com­portent éga­le­ment de nou­veaux dan­gers pour l’in­té­gri­té de la population.

En 2018 déjà, l’As­so­cia­ti­on fran­co­pho­ne des auto­ri­tés de pro­tec­tion des don­nées (AFAPDP) souli­gnait dans une réso­lu­ti­on l’im­portance de garan­tir ce droit pour la pro­tec­tion des don­nées à carac­tère per­son­nel et qu’il était néces­saire que la popu­la­ti­on pui­s­se con­trô­ler ces données.

L’in­té­gri­té numé­ri­que est en pro­té­geant la vie numé­ri­que des per­son­nes est assu­rée. Not­re iden­ti­té numé­ri­que est essen­ti­el­le­ment con­sti­tuée des traces que nous lais­sons sur Inter­net, notam­ment à par­tir des don­nées coll­ec­tées au cours de nos acti­vi­tés sur Inter­net. Il s’a­git avant tout de don­nées à carac­tère per­son­nel et, en par­ti­cu­lier, de la maniè­re dont ces don­nées sont reliées ent­re elles. Les prin­ci­paux acteurs dans ce domaine ont déjà pris cer­tai­nes mesu­res dans ce sens, soit en ver­tu de la régle­men­ta­ti­on, soit volon­tai­re­ment, mais le droit à l’in­té­gri­té numé­ri­que est aujour­d’hui insuf­fi­sam­ment pro­té­gé et il n’e­xi­ste pas de base con­sti­tu­ti­on­nel­le pour ce droit.

Le droit de con­trô­ler l’i­den­ti­té numé­ri­que est donc le droit de com­prend­re et de savoir quel­les don­nées de not­re vie numé­ri­que sont coll­ec­téesIl s’a­git d’in­for­ma­ti­ons que nous com­mu­ni­quons expli­ci­te­ment ou qui sont coll­ec­tées ou cal­culées par des sites que nous visi­tons ou par des tiers sur la base de nos acti­vi­tés. Il s’a­git donc d’un Droit d’ac­cès aux don­nées qui per­met à tou­te per­son­ne de béné­fi­ci­er de la garan­tie de cet­te consultation.

L’e­xi­gence d’in­scr­i­re l’in­té­gri­té numé­ri­que dans la Con­sti­tu­ti­on fait en out­re par­tie de l’initia­ti­ve popu­lai­re d’un grou­pe­ment de la socié­té civi­le (“Sou­ve­rai­ne­té numé­ri­que”). Cet­te reven­dica­ti­on a en out­re éga­le­ment été expri­mée dans plu­sieurs can­tons et par des per­son­nes de dif­fé­ren­tes cou­leurs politiques.