Ven­te à emporter (AI)
  • Le Con­seil fédé­ral n’ex­ami­ne pas actu­el­le­ment un rap­port sur le postu­lat ; les mesu­res déjà pri­ses sont con­sidé­rées com­me suffisantes.
  • La loi révi­sée sur la pro­tec­tion des don­nées exi­ge depuis le 1.9.2023 une repré­sen­ta­ti­on étran­gè­re lors du trai­te­ment de don­nées per­son­nel­les en Suisse.
  • Le DETEC éla­bo­re un pro­jet de con­sul­ta­ti­on sur la régle­men­ta­ti­on des pla­te­for­mes de com­mu­ni­ca­ti­on et des moteurs de recher­che ; l’ob­li­ga­ti­on de coopé­rer n’y figu­rait pas.
  • Les obli­ga­ti­ons exi­stan­tes en matiè­re d’i­den­ti­fi­ca­ti­on et de coopé­ra­ti­on exi­stent déjà con­for­mé­ment à la LSCPT et aux décrets d’ap­pli­ca­ti­on y afférents.

Postu­lat Häs­sig (25.3379) : Iden­ti­fi­ca­ti­on des cri­mi­nels sur les pla­te­for­mes numériques

Tex­te soumis

Le Con­seil fédé­ral est char­gé d’ex­ami­ner com­ment les explo­itants de gran­des pla­tes-for­mes en ligne peu­vent être tenus de coopé­rer immé­dia­te­ment et plei­ne­ment avec les auto­ri­tés en cas d’ac­tes poten­ti­el­le­ment illi­ci­tes de leurs uti­li­sa­teurs. et de per­mett­re dans tous les cas une iden­ti­fi­ca­ti­on des uti­li­sa­teurs con­cer­nés. Les solu­ti­ons exami­nées doi­vent tenir comp­te des prin­cipes de “pri­va­cy by design”, de mini­mi­sa­ti­on des don­nées et de stocka­ge décen­tra­li­sé des don­nées, et garan­tir qu’au­cu­ne don­née d’i­den­ti­té ne soit stockée direc­te­ment sur les plateformes.

Justi­fi­ca­ti­on

L’an­ony­mat géné­ra­li­sé sur les pla­te­for­mes numé­ri­ques, en par­ti­cu­lier dans les médi­as soci­aux, favo­ri­se la dif­fu­si­on de con­te­nus illé­gaux (notam­ment les dis­cours de hai­ne, la dis­cri­mi­na­ti­on et les inci­ta­ti­ons à la vio­lence). Les con­trô­les actuels sur les pla­te­for­mes numé­ri­ques par des modé­ra­teurs humains et algo­rith­mi­ques sont con­tra­dic­toires et géné­ra­le­ment insuf­fi­sants pour lut­ter effi­ca­ce­ment cont­re les con­te­nus illé­gaux. Les auteurs peu­vent se cacher der­riè­re des pro­fils anony­mes et éch­ap­per ain­si aux con­sé­quen­ces juridiques.

Pour remé­dier à cet­te situa­ti­on, les explo­itants de pla­te­for­mes numé­ri­ques dev­rai­ent être tenus de coopé­rer avec les auto­ri­tés et les repré­sen­tants légaux con­cer­nés dans les cas justi­cia­bles et de pou­voir iden­ti­fier les auteurs présumés.

Avis du Con­seil fédé­ral du 14.5.2025

Pour le Con­seil fédé­ral, la pro­tec­tion de la popu­la­ti­on cont­re les con­te­nus illi­ci­tes est une pré­oc­cu­pa­ti­on cen­tra­le. Dans dif­fér­ents rap­ports, il s’est notam­ment pen­ché sur les dif­fi­cul­tés d’ap­pli­ca­ti­on du droit en rela­ti­on avec les uti­li­sa­teurs anony­mes de pla­tes-for­mes en ligne (le der­nier en date étant le rap­port du Con­seil fédé­ral en exé­cu­ti­on du Postu­lat 21.3450 “Dis­cours de hai­ne. Exi­ste-t-il des lacu­nes léga­les ?”). Une étape importan­te vers l’a­mé­lio­ra­ti­on de la situa­ti­on a été fran­chie avec la révi­si­on de la loi sur la pro­tec­tion des don­nées. Depuis le 1er sep­tembre 2023, les per­son­nes pri­vées qui trai­tent des don­nées et dont le siè­ge est à l’étran­ger doi­vent dési­gner une repré­sen­ta­ti­on en Sui­s­se si, sous cer­tai­nes con­di­ti­ons, elles trai­tent des don­nées per­son­nel­les de per­son­nes en Sui­s­se (art. 14 s. LPD).

Le 5 avril 2023, le Con­seil fédé­ral a en out­re deman­dé au DETEC char­geLe Con­seil fédé­ral a déci­dé d’é­la­bo­rer un pro­jet de con­sul­ta­ti­on sur la régle­men­ta­ti­on des pla­te­for­mes de com­mu­ni­ca­ti­on et des moteurs de recher­che et a fixé les ori­en­ta­ti­ons. L’ob­li­ga­ti­on pour les explo­itants de gran­des pla­te­for­mes en ligne de coopé­rer avec les auto­ri­tés en cas d’ac­tes poten­ti­el­le­ment illi­ci­tes de la part des uti­li­sa­teurs ne figu­rait pas dans le man­dat du Con­seil fédé­ral du 5 avril 2023. Le pro­jet de con­sul­ta­ti­on a été éla­bo­ré. Le Con­seil fédé­ral s’en est déjà sai­si à plu­sieurs repri­ses et pren­dra une décis­i­on ultérieurement.

Par ail­leurs, les pla­te­for­mes en ligne qui four­nis­sent des ser­vices de com­mu­ni­ca­ti­on à des tiers et dont les ser­vices pas­sent par la Sui­s­se ont déjà cer­tai­nes obli­ga­ti­ons d’i­den­ti­fi­ca­ti­on ou de coopé­ra­ti­on avec les auto­ri­tés sui­s­ses sur la base de la loi fédé­ra­le sur la sur­veil­lan­ce de la cor­re­spond­ance par poste et télé­com­mu­ni­ca­ti­on (LSCPT). Les obli­ga­ti­ons d’i­den­ti­fi­ca­ti­on des abon­nés et des uti­li­sa­teurs font en out­re l’ob­jet de l’en­quête menée au début de cet­te année. Mise en con­sul­ta­ti­on de deux décrets d’ap­pli­ca­ti­on sur la sur­veil­lan­ce de la cor­re­spond­ance par poste et télé­com­mu­ni­ca­ti­on (OSCPT, OSCPT).

Le Con­seil fédé­ral esti­me donc qu’un rap­port sur l’ob­jet du postu­lat n’est pas indi­qué pour l’instant.