Ven­te à emporter (AI)
  • La nou­vel­le défi­ni­ti­on de la gesti­on des don­nées régit les caté­go­ries de don­nées auto­ri­sées, les obli­ga­ti­ons de con­trô­le, la limi­ta­ti­on des fina­li­tés, les droits d’ac­cès et l’an­ony­mi­sa­ti­on ain­si que la sup­pres­si­on des don­nées qui ne sont plus nécessaires.
  • Le droit d’ac­cès est ali­g­né sur la LPD avec un sur­sis, des décis­i­ons révi­sa­bles par le PFPDT et des décis­i­ons con­test­a­bles devant le Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif fédéral.
  • L’AIPD iden­ti­fie les ris­ques prin­ci­paux et rési­du­els ; les cont­re-mesu­res rédui­sent les ris­ques, un ris­que rési­du­el éle­vé sub­si­ste en cas d’e­spion­na­ge et d’écoute.

Le 28 jan­vier 2026, le Con­seil fédé­ral a adop­té le mes­sa­ge rela­tif à la modi­fi­ca­ti­on de la loi sur le rens­eig­ne­ment (LRens) et l’a trans­mis au Parlement :

La révi­si­on se fera en plu­sieurs paquets ; un paquet sup­p­lé­men­tai­re sur les cyber­men­aces est pré­vu pour la con­sul­ta­ti­on de mi-2026.

Le pro­jet vise à réa­gir à la situa­ti­on de men­ace aggra­vée par le ter­ro­ris­me, l’ex­tré­mis­me, l’e­spion­na­ge et les cyberat­ta­ques et con­ti­ent ent­re aut­res des nou­veau­tés en matiè­re de pro­tec­tion des don­nées – la gesti­on des don­nées du Ser­vice de rens­eig­ne­ment de la Con­fé­dé­ra­ti­on (SRC) est repen­sée, le droit d’ac­cès est ali­g­né sur la LPD et une ana­ly­se d’im­pact sur la pro­tec­tion des don­nées (AIPD) est effec­tuée con­for­mé­ment à l’art. 22 LPD.

Gesti­on des données

Jus­qu’à pré­sent, la LRens énu­mé­rait les systè­mes d’in­for­ma­ti­on du SRC ; désor­mais, la régle­men­ta­ti­on s’ap­pli­que, quel­les caté­go­ries de don­nées pour quel­les tâches peu­vent être trai­tées, com­ment les don­nées ent­ran­tes doi­vent être con­trôlées, les fina­li­tés du trai­te­ment, les auto­ri­sa­ti­ons d’ac­cès et les mesu­res d’assu­rance qua­li­té pour l’an­ony­mi­sa­ti­on ou la sup­pres­si­on des don­nées qui ne sont plus nécessaires.

Une dévia­ti­on appa­ren­te du DSG est con­ser­vée : Don­nées incor­rec­tes peu­vent être trai­tées si elles sont mar­quées en con­sé­quence, car même une infor­ma­ti­on erro­n­ée peut être per­ti­nen­te sur le plan analytique :

Art. 51 Véri­fi­ca­ti­on de l’exactitude

1 Le SRC véri­fie l’e­xac­ti­tu­de des don­nées brutes avant de les mar­quer com­me don­nées de travail.

2 Il peut trai­ter des don­nées per­son­nel­les, y com­pris des don­nées per­son­nel­les sen­si­bles qui se sont révé­lées inexac­tes quant à leur con­te­nu, dans la mesu­re où cela est néces­saire à l’ac­com­plis­se­ment des tâches qui lui incom­bent en ver­tu de l’ar­tic­le 6.

3 Il signa­le les don­nées con­cer­nées com­me étant incor­rec­tes sur le plan du contenu.

En fait, il ne s’a­git pas d’u­ne excep­ti­on, mais d’u­ne décla­ra­ti­on : si une infor­ma­ti­on est objec­ti­ve­ment fausse, mais que sa faus­se­té est pré­cis­é­ment l’ob­jet du trai­te­ment – ce qui exclut l’err­eur sur la faus­se­té -, l’in­for­ma­ti­on ain­si trai­tée n’est pas incor­rec­te d’un point de vue fonc­tion­nel, tout com­me les don­nées d’ar­chi­ves abstrai­te­ment incor­rec­tes, dont la décla­ra­ti­on ne doit pas être ce con­te­nu d’in­for­ma­ti­on, mais le fait que cet­te infor­ma­ti­on était enre­gi­strée à un moment donné.

Droit d’ac­cès

Le pro­jet adap­te la régle­men­ta­ti­on du droit d’ac­cès. Pour les don­nées admi­ni­stra­ti­ves, seu­le la LPD s’ap­pli­que. Pour les don­nées des ser­vices de rens­eig­ne­ment, elle s’ap­pli­que en prin­ci­pe aus­si, mais avec deux particularités :

  • Report de l’in­for­ma­ti­on : Le SRC peut con­tin­uer à dif­fé­rer la com­mu­ni­ca­ti­on des rens­eig­ne­ments, même si le requé­rant n’est pas enre­gi­stré (art. 63a, al. 3, let. b, P‑LRCN). Il n’est tou­te­fois plus tenu de déci­der de l’a­jour­ne­ment dans tous les cas. La per­son­ne con­cer­née peut deman­der au PFPDT de véri­fier la léga­li­té du trai­te­ment des don­nées et de l’a­jour­ne­ment (art. 63b P‑LPDT) et deman­der ensuite au Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif fédé­ral de pro­cé­der à un examen plus appro­fon­di (art. 65 P‑LPDT).
  • Refus ou limi­ta­ti­on de l’in­for­ma­ti­on : Si le SRC refu­se ou limi­te les rens­eig­ne­ments, il doit rend­re une décis­i­on moti­vée (art. 63a, al. 2, P‑LND), qui peut être con­te­stée par les voies de droit ordinaires.

DSFA

Le pro­jet a fait l’ob­jet d’u­ne ana­ly­se d’im­pact sur la vie pri­vée qui a mis en évi­dence les prin­ci­paux ris­ques sui­vants en matiè­re de pro­tec­tion des données :

  • les „expé­ri­ence inquié­tan­te“ : les per­son­nes con­cer­nées savent ou soup­çon­nent que le SRC coll­ec­te des don­nées à leur sujet, sans savoir pourquoi ;
  • la vio­la­ti­on des exi­gen­ces léga­les, ce qui Assu­rance qua­li­té et bar­riè­res de trai­te­ment être contournés ;
  • Pro­duits du tra­vail sur la base des don­nées obsolè­tes des ser­vices de rens­eig­ne­ment, Les mesu­res pri­ses dans le cad­re de l’initia­ti­ve “Pour l’é­ga­li­té des chan­ces ent­re les femmes et les hom­mes” peu­vent être lour­des de conséquences ;
  • Trans­mis­si­on de docu­ments d’ar­chi­ves au Archi­ves fédé­ra­les, Les infor­ma­ti­ons sur les sources qui peu­vent enco­re être pro­té­gées sont publiées.

En tenant comp­te des cont­re-mesu­res, l’AIPD n’a plus mis en évi­dence de ris­ques éle­vés pour la pro­tec­tion des don­nées. Dans le domaine de la sécu­ri­té des don­nées, un ris­que rési­du­el éle­vé sub­si­ste : l’e­spion­na­ge et les écou­tes. Dans son avis du 28 jan­vier 2025, le PFPDT a don­né une éva­lua­ti­on fon­da­men­ta­le­ment posi­ti­ve de l’AIPD.

Tâches et mesu­res du SRC

Le paquet de révi­si­on pré­voit en outre,

  • le domaine d’ac­ti­vi­té du SRC à la tout le cybere­space et d’an­crer une com­pé­tence pour l’en­tre­ti­en des cont­acts avec les explo­itants d’in­fras­truc­tures critiques ;
  • une nou­vel­le mesu­re d’ac­qui­si­ti­on sou­mi­se à auto­ri­sa­ti­on pour Rens­eig­ne­ments auprès des inter­mé­di­ai­res finan­ciers en vue d’en­quêter sur le finance­ment du ter­ro­ris­me et les réseaux d’espionnage ;
  • d’é­lar­gir le champ d’ap­pli­ca­ti­on des mesu­res d’ac­qui­si­ti­on sou­mi­ses à auto­ri­sa­ti­on à l’ex­tré­mis­me violent ;
  • un une base juri­di­que expli­ci­te pour le pro­fi­la­ge, y com­pris le pro­fi­la­ge à haut risque ;
  • de ren­forcer le ser­vice inter­ne d’assu­rance qua­li­té qui, ent­re aut­res Uti­li­sa­ti­on de pro­gram­mes capa­bles d’app­rend­re (algo­rith­mes) pour le trai­te­ment des don­nées per­son­nel­les pen­dant tou­te la durée de l’engagement.

Les mesu­res sou­mi­ses à appro­ba­ti­on restent limi­tées dans le temps et néces­si­tent l’ap­pro­ba­ti­on du Tri­bu­nal admi­ni­stra­tif fédé­ral et une vali­da­ti­on poli­tique par le chef du DDPS.

Ces mesu­res avai­ent fait l’ob­jet de cri­ti­ques lors de la consultation :

  • Vers Mesu­re con­cer­nant les inter­mé­di­ai­res finan­ciers l’As­so­cia­ti­on sui­s­se des ban­quiers et Eco­no­mie­su­i­s­se ont deman­dé, lors de la con­sul­ta­ti­on, une base léga­le plus pré­cise, l’art. 26, al. 1, let. f, P‑LND ne libé­rant pas les ban­ques du secret pro­fes­si­on­nel du ban­quier. Le TAF a cri­ti­qué la for­mu­la­ti­on ouver­te des dis­po­si­ti­ons et a reg­ret­té l’ab­sence de dis­po­si­ti­ons d’exé­cu­ti­on com­pa­ra­bles à l’art. 285 CPP.
  • La con­tro­ver­se a éga­le­ment por­té sur Exten­si­on des mesu­res sou­mi­ses à auto­ri­sa­ti­on à l’ex­tré­mis­me vio­lent. Cer­ta­ins can­tons et Pri­va­tim ont mis en gar­de cont­re un «chil­ling effect» sur la liber­té de réuni­on et d’ex­pres­si­on et se sont oppo­sés à l’élargissement.
  • En ce qui con­cer­ne le Secret pro­fes­si­on­nel le Con­seil fédé­ral a renon­cé à la sup­pres­si­on de l’art. 28, al. 2, LRens, pré­vue dans l’a­vant-pro­jet ; cet­te dis­po­si­ti­on, selon laquel­le aucu­ne mesu­re d’ob­ten­ti­on sou­mi­se à auto­ri­sa­ti­on ne peut être ordon­née à l’en­cont­re de per­son­nes déten­tri­ces d’un secret pro­fes­si­on­nel (y com­pris les avo­cats) en tant que tiers, est maintenue.

Super­vi­si­on

Les tâches de l’Au­to­ri­té indé­pen­dan­te de con­trô­le des radio­com­mu­ni­ca­ti­ons et du câb­le (UKI) sont trans­fé­rées à l’Au­to­ri­té indé­pen­dan­te de sur­veil­lan­ce des acti­vi­tés de rens­eig­ne­ment (AB-ND) et l’U­KI est sup­p­ri­mée. Si cet­te mesu­re a été saluée lors de la con­sul­ta­ti­on, le rat­ta­che­ment insti­tu­ti­on­nel est resté con­tro­ver­sé. Cer­ta­ins can­tons et pri­va­tim avai­ent deman­dé le rat­ta­che­ment de la CG-DN à un aut­re dépar­te­ment que le DDPS – par exemp­le le DFJP – ou une indé­pen­dance admi­ni­stra­ti­ve com­plè­te, pri­va­tim deman­dant en out­re que la direc­tion de l’au­to­ri­té soit élue par les Cham­bres fédé­ra­les réunies ; le Con­seil fédé­ral n’a pas sui­vi cet­te demande.