Vio­la­ti­ons de la sécurité

Qu’est-ce qu’u­ne vio­la­ti­on de la sécurité ?

Une vio­la­ti­on de la pro­tec­tion des don­nées (“data breach”) signi­fie, pour les don­nées per­son­nel­les, que les don­nées per­son­nel­les sont per­dues, volées, uti­li­sées de maniè­re abu­si­ve ou com­pro­mi­ses d’u­ne aut­re maniè­re, sans auto­ri­sa­ti­on ou par inadvertance. 

Des exemp­les typi­ques sont 

  • Cyber-attaque (par exemp­le, une attaque de type ransom)
  • Divul­ga­ti­on acci­den­tel­le de don­nées per­son­nel­les (envoi d’un cour­ri­el à de nombreux desti­na­tai­res en cc ; mise à dis­po­si­ti­on d’un Excel con­tenant des don­nées per­son­nel­les dans une feuille cachée)
  • Per­te d’un sup­port de don­nées (ordi­na­teur por­ta­ble avec don­nées per­son­nel­les oublié dans le train, clé USB perdue)
  • Expo­ser des don­nées per­son­nel­les sur Inter­net (par­ta­ge de fichiers avec des don­nées per­son­nel­les ouver­te­ment consultables)
  • Indis­po­ni­bi­li­té d’u­ne appli­ca­ti­on importan­te con­tenant des don­nées personnelles

Les vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té peu­vent avoir de gra­ves con­sé­quen­ces – pour les per­son­nes con­cer­nées et pour l’entreprise. 

Faut-il signal­er une blessure ?

Com­mu­ni­ca­ti­on au PFPDT

Oui, les vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées doi­vent être signa­lées sous cer­tai­nes conditions :

Une com­mu­ni­ca­ti­on au PFPDT n’est obli­ga­toire que dans les cas sui­vants des ris­ques éle­vés (en rai­son de la vio­la­ti­on) pour les per­son­nes con­cer­nées. Ce n’est pas une noti­on clai­re et il n’e­xi­ste pas d’exemp­les con­traignants en Suisse. 

Lorsqu’u­ne décla­ra­ti­on est obli­ga­toire, elle doit le plus rapi­de­ment pos­si­ble doit avoir lieu. Il n’y a pas de durée fixe et il est pos­si­ble de pro­cé­der à cer­tai­nes cla­ri­fi­ca­ti­ons. En cas de dou­te, il con­vi­ent tou­te­fois d’an­non­cer plus rapi­de­ment et, le cas échéant, de fai­re une annon­ce ultérieure.

For­mu­lai­re d’an­non­ce du PFPDT

Le PFPDT met à dis­po­si­ti­on un for­mu­lai­re pour l’an­non­ce à ce der­nier. Or, ce for­mu­lai­re deman­de trop d’in­for­ma­ti­ons et le PFPDT est sou­mis au prin­ci­pe de trans­pa­rence. Les annon­ces peu­vent donc deve­nir publi­ques. Une noti­fi­ca­ti­on par e‑mail est sou­vent plus judicieuse.

Noti­fi­ca­ti­on aux per­son­nes concernées

Les vio­la­ti­ons de la sécu­ri­té des don­nées doi­vent être signa­lées aux per­son­nes con­cer­nées lorsque cel­les-ci doi­vent agir pour se pro­té­ger (p. ex. chan­ger un mot de pas­se, blo­quer un comp­te, renou­ve­ler un pas­se­port). Cela peut être le cas même s’il n’est pas néces­saire de fai­re une décla­ra­ti­on au PFPDT.

Que doi­vent décla­rer les infras­truc­tures critiques ?

La loi fédé­ra­le sur la sécu­ri­té de l’in­for­ma­ti­on au sein de la Con­fé­dé­ra­ti­on (LSIC) est com­plé­tée par des dis­po­si­ti­ons sur l’ob­li­ga­ti­on de noti­fi­ca­ti­on des explo­itants de cer­tai­nes infras­truc­tures cri­ti­ques. Les dis­po­si­ti­ons révi­sées sont entré en vigueur le 1er avril 2025

Cer­tai­nes infras­truc­tures cri­ti­ques (cri­tis) doi­vent signal­er les cyberattaques : 

Per­son­nes à décla­rer sont par exemp­le les auto­ri­tés, les orga­nis­mes de sécu­ri­té socia­le, y com­pris les cais­ses de pen­si­on, les four­nis­seurs d’é­ner­gie, les ban­ques, les hôpi­taux réper­to­riés, les labo­ra­toires médi­caux, les fab­ri­cants ou dis­tri­bu­teurs de médi­ca­ments, les FDA enre­gi­strés et cer­ta­ins four­nis­seurs dans le domaine du SaaS, du cloud et du maté­ri­el infor­ma­tique, ain­si que divers aut­res orga­nis­mes, pour autant qu’ils dis­po­sent d’un accès à Inter­net. Siè­ge en Sui­s­se ont.

Doi­vent être annon­cés cyber-atta­ques au moins par­ti­el­le­ment réus­sies. Il s’a­git d’att­ein­tes inten­ti­on­nel­les à la con­fi­den­tia­li­té, à la dis­po­ni­bi­li­té ou à l’in­té­gri­té d’in­for­ma­ti­ons rela­ti­ves à la tra­ça­bi­li­té de leur trai­te­ment – le ter­me clé est “inten­ti­on­nel” : l’err­eur humaine n’est pas cou­ver­te. Les scans de ports et aut­res ne sont pas non plus concernés.

Les cyber-atta­ques ne doi­vent tou­te­fois être décla­rées que si

  • des col­la­bo­ra­teurs ou des tiers sont con­cer­nés par des inter­rup­ti­ons du système ou
    la Kri­tis ne peut plus main­te­nir ses acti­vi­tés qu’a­vec des plans d’urgence
  • des infor­ma­ti­ons importan­tes pour l’entre­pri­se sont con­sul­tées, modi­fi­ées ou divul­guées par des per­son­nes non auto­ri­sées ou qu’il y a une vio­la­ti­on de la sécu­ri­té selon la LPD (étape 1 ci-dessus)
  • l’at­taque n’a pas été détec­tée pen­dant au moins 90 jours, ou
  • la Kri­tis ou cont­re des per­son­nes tra­vail­lant pour elle est vic­ti­me d’ext­or­si­on, de men­aces ou de contrainte.

Le cas échéant, la décla­ra­ti­on doit être envoy­ée au Office fédé­ral de la cyber­sé­cu­ri­té BACS.

For­mu­lai­re d’inscription →

Maté­ri­el de tra­vail sur l’ISG

Nous met­tons à dis­po­si­ti­on divers maté­ri­els rela­tifs à la LSI, y com­pris des édi­ti­ons de la loi avec le mes­sa­ge ou le rap­port explicatif.

Y a‑t-il d’aut­res obli­ga­ti­ons de déclaration ?

Aux obli­ga­ti­ons de noti­fi­ca­ti­on pré­vues par la LPD ou le RGPD et par la LSI peu­vent s’a­jou­ter d’aut­res obli­ga­ti­ons de noti­fi­ca­ti­on moti­vées par les objec­tifs pro­pres à chaque ord­re juri­di­que. Il s’a­git notam­ment des suivantes :

  • Obli­ga­ti­ons de décla­ra­ti­on décou­lant d’un cont­rat, y com­pris d’u­ne obli­ga­ti­on de loyauté
  • Art. 29 LFINMA (p. ex. pour les ban­ques, les assur­eurs ou les éta­blis­se­ments finan­ciers) ; à ce sujet, voir les Com­mu­ni­qué de sur­veil­lan­ce 03/2024
    et les Com­mu­ni­qué de sur­veil­lan­ce 05/2020 ain­si que les pre­scrip­ti­ons de la RS Ris­ques opé­ra­ti­on­nels et résilience
  • Règle­ment de cota­ti­on : les ent­re­pri­ses cotées en bour­se doi­vent décla­rer les faits sus­cep­ti­bles d’in­fluen­cer les cours con­for­mé­ment au règle­ment de cota­ti­on de la SIX.
  • Artic­le 96 de l’or­don­nan­ce sur les ser­vices de télé­com­mu­ni­ca­ti­on (OST)
  • Loi fédé­ra­le sur le dos­sier élec­tro­ni­que du pati­ent : obli­ga­ti­ons des com­mun­au­tés de base
  • Dis­po­si­tifs médi­caux : éven­tu­el­le­ment obli­ga­ti­on d’an­non­ce à Swissmedic
  • Four­nis­seurs d’é­ner­gie : cf. ENTSO‑E, Code de cybersécurité