Ven­te à emporter (AI)
  • Les camé­ras instal­lées de maniè­re visi­ble sont en prin­ci­pe adap­tées à la pré­ven­ti­on et à l’é­luci­da­ti­on des cam­brio­la­ges et des actes de van­da­lis­me, à con­di­ti­on que des mesu­res moins sévè­res soi­ent examinées.
  • La durée de stocka­ge des enre­gi­stre­ments doit être rai­sonnablem­ent limi­tée ; dans le cas pré­sent, un trans­fert de 24 heu­res a été jugé modéré.
  • La vidé­o­sur­veil­lan­ce ne peut pas sur­veil­ler sys­té­ma­ti­quement les zones où les loca­tai­res se ren­dent régu­liè­re­ment (entrée de l’imm­eub­le, buan­de­rie) en rai­son d’u­ne att­ein­te dis­pro­por­ti­onnée à la vie privée.

Dans l’ar­rêt 4A_576/2015, qui sera publié offi­ci­el­le­ment, le TF s’est pro­non­cé sur les limi­tes de la vidé­o­sur­veil­lan­ce dans les immeubles loca­tifs. L’ar­rêt est résu­mée par swiss­blawg:

Les camé­ras instal­lées de maniè­re visi­ble sont en prin­ci­pe adap­tées à la pré­ven­ti­on et à l’é­luci­da­ti­on des cam­brio­la­ges et des actes de van­da­lis­me. La que­sti­on de savoir si une mesu­re tout aus­si appro­priée, mais moins sévè­re, ent­re en ligne de comp­te dépend des cir­con­stances. Dans le cas pré­sent du moins, une tel­le mesu­re n’é­tait pas évi­den­te. En par­ti­cu­lier, une amé­lio­ra­ti­on de l’é­clai­ra­ge n’au­rait pas eu la même effi­ca­ci­té. La durée de con­ser­va­ti­on des enre­gi­stre­ments doit être limi­tée de maniè­re appro­priée. Dans le cas pré­sent, les enre­gi­stre­ments ont été trans­fé­rés après 24 heu­res, ce qui est “modé­ré”.

Il s’a­gis­sait ensuite de mett­re en balan­ce les inté­rêts en jeu, en l’oc­cur­rence les inté­rêts du bail­leur et des aut­res loca­tai­res à la pré­ven­ti­on des délits et l’in­té­rêt du plaignant à pou­voir se dépla­cer à tout moment dans les zones acce­s­si­bles à tous de l’imm­eub­le loca­tif sans être obser­vé. Ce der­nier inté­rêt a été jugé moins important.

Cela ne s’ap­pli­quait tou­te­fois pas aux zones dans les­quel­les le loca­tai­re con­cer­né devait se rend­re régu­liè­re­ment, com­me ici l’en­trée de l’imm­eub­le, “comp­te tenu des con­di­ti­ons rai­sonn­ables avec seu­le­ment quel­ques loca­tai­res et de l’ab­sence d’in­di­ces d’un dan­ger con­cret”. Des pri­ses de vue avec enre­gi­stre­ment 24 heu­res sur 24 per­met­trai­ent ici un rele­vé sys­té­ma­tique des heu­res de la jour­née aux­quel­les le loca­tai­re ent­re dans l’imm­eub­le ou en sort, et éven­tu­el­le­ment des per­son­nes qui l’ac­com­pagn­ent. Cela por­terait att­ein­te de maniè­re inac­cep­ta­ble à la vie pri­vée de l’in­ti­mé. Il en va de même pour les enre­gi­stre­ments effec­tués lors des pas­sa­ges à la buanderie.