Ven­te à emporter (AI)
  • Le tri­bu­nal admi­ni­stra­tif de Ber­lin a déci­dé que les auto­ri­tés ne pou­vai­ent deman­der une con­fir­ma­ti­on d’i­den­ti­té qu’en cas de “dou­tes fon­dés” (artic­le 12, para­gra­phe 6, du RGPD).
  • Une copie du pas­se­port ou de la car­te d’i­den­ti­té ne doit pas être exi­gée par défaut s’il n’y a pas d’in­di­ces con­crets d’abus.
  • Le domic­i­le con­nu du deman­deur et les noti­fi­ca­ti­ons anté­ri­eu­res ne plai­dent pas en faveur de la néces­si­té de four­nir une preuve d’i­den­ti­té supplémentaire.
  • L’au­to­ri­té peut uti­li­ser la noti­fi­ca­ti­on for­mel­le pour évi­ter les err­eurs d’a­che­mi­ne­ment au lieu d’e­xi­ger une légiti­ma­ti­on qua­li­fi­ée générale.

Le tri­bu­nal admi­ni­stra­tif de Ber­lin a Arrêt du 31 août 2020 (1 K 90.19) a sta­tué sur la que­sti­on de savoir dans quel­les cir­con­stances le responsable du trai­te­ment a des “dou­tes rai­sonn­ables quant à l’i­den­ti­té de la per­son­ne phy­si­que” (artic­le 12, para­gra­phe 6, du RGPD) qui a pré­sen­té une deman­de d’accès.

En l’oc­cur­rence, la deman­de d’in­for­ma­ti­on a été adres­sée au tri­bu­nal d’in­stance de Tier­gar­ten, qui l’a refusée par­ce que l’in­té­res­sé n’a­vait pas prou­vé son iden­ti­té sous la for­me requi­se ; le pré­si­dent avait deman­dé à la place une copie de la car­te d’identité.

Le tri­bu­nal admi­ni­stra­tif de Ber­lin a accep­té la plain­te de la per­son­ne con­cer­née, sur la base de l’ar­tic­le 59 de la loi alle­man­de sur la pro­tec­tion des don­nées, qui uti­li­se la même for­mu­la­ti­on que l’ar­tic­le 12, para­gra­phe 6, du RGPD. Il appli­que un critère rela­ti­ve­ment strict à la que­sti­on de la preuve de l’i­den­ti­té et ne per­met pas d’e­xi­ger une copie d’un pas­se­port ou d’u­ne car­te d’i­den­ti­té si l’adres­se du desti­na­tai­re est déjà con­nue en tant qu’­adres­se de la per­son­ne con­cer­née et si rien n’in­di­que qu’un tiers ait pu fai­re la deman­de d’in­for­ma­ti­on au nom de la per­son­ne concernée :

La seu­le que­sti­on con­te­stée ent­re les par­ties est cel­le de savoir si le deman­deur doit se légiti­mer sous la for­me qua­li­fi­ée exi­gée par le défen­deur pour pou­voir obte­nir les rens­eig­ne­ments écrits deman­dés. Il con­vi­ent de répond­re par la néga­ti­ve […]. Selon cet­te dis­po­si­ti­on, l’au­to­ri­té tenue de four­nir des rens­eig­ne­ments ne peut deman­der des infor­ma­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour con­firm­er l’i­den­ti­té d’un deman­deur que si des “dou­tes fon­dés” sur son iden­ti­té n’e­xi­stent pas. Sans rai­son par­ti­cu­liè­re, l’au­to­ri­té tenue de four­nir des infor­ma­ti­ons ne peut donc pas deman­der à un deman­deur de prou­ver son identité […].

Aucu­ne rai­son ou cir­con­stance par­ti­cu­liè­re n’a été avan­cée ou n’ap­pa­raît ici. L’adres­se du deman­deur est con­nue depuis long­temps par le défen­deur. L’Amts­ge­richt Tier­gar­ten a déjà envoyé par le pas­sé dif­fé­ren­tes décis­i­ons au requé­rant à son adres­se actu­el­le. En out­re, il n’y a pas d’in­di­ce qu’un tiers pour­rait être inté­res­sé par les infor­ma­ti­ons deman­dées et pour­rait donc obte­nir les rens­eig­ne­ments en uti­li­sant une fausse iden­ti­té […]. Enfin, en noti­fi­ant for­mel­le­ment sa lett­re d’in­for­ma­ti­on, le défen­deur peut empêcher son ache­mi­ne­ment erroné […].