Ven­te à emporter (AI)
  • L’in­té­rêt légiti­me (Art. 6(1)(f) RGPD) peut inclu­re la publi­ci­té direc­te et le pro­fi­la­ge, à con­di­ti­on qu’il y ait une éva­lua­ti­on con­crè­te des inté­rêts, une docu­men­ta­ti­on et des garan­ties appropriées.
  • Le con­sen­te­ment pré­alable est sou­vent requis pour le sui­vi en ligne et le pro­fi­la­ge non-cli­ent ; l’in­cer­ti­tu­de demeu­re, ce qui expli­que pour­quoi des mesu­res de pro­tec­tion appro­priées sont essentielles.

Les trai­te­ments de don­nées qui relè­vent de la RGPD sont inter­di­tes, à moins qu’el­les ne soi­ent fon­dées sur une Base juri­di­que (art. 5(1)(a)). RGPD). La base juri­di­que peut être

  • pour les don­nées tri­via­les de l’art. 6,
  • pour les don­nées per­son­nel­les sen­si­bles de l’art. 9 RGPD (et, le cas échéant, en plus de l’art. 6 RGPDdans la mesu­re où l’Art. 9(2)(…) ne con­sti­tue pas une base de trai­te­ment, mais lève seu­le­ment l’in­ter­dic­tion de l’Art. 9(1), par ex. pour l’Art. 9(2)(e) RGPD) et
  • pour les trans­mis­si­ons vers des pays tiers, de l’art. 46 ss. RGPD se produisent.

Dans le domaine du mar­ke­ting, ce sont sur­tout les bases juri­di­ques de la publi­ci­té qui ent­rent en ligne de comp­te. Con­sen­te­ment (art. 6(1)(a)) et du inté­rêt légiti­me (Art. 6(1)(f) RGPD) ent­rent en ligne de comp­te. La que­sti­on se pose donc de savoir pour quel­les acti­vi­tés de mar­ke­ting une ent­re­pri­se (ou un grou­pe d’entre­pri­ses) peut se pré­va­loir d’un inté­rêt légiti­me, et à par­tir de quand et pour quoi un con­sen­te­ment doit être obte­nu (avec les con­sé­quen­ces cor­re­spond­an­tes pour la mise en œuvre, éven­tu­el­le­ment tech­ni­que, et les exi­gen­ces en matiè­re de volon­ta­ri­at, ent­re autres).

Il exi­ste de bons argu­ments en faveur de la ne pas rest­reind­re le champ d’ap­pli­ca­ti­on de l’in­té­rêt légiti­me en matiè­re de publi­ci­té direc­te. Il peut éga­le­ment cou­vr­ir les mesu­res de pro­fi­la­ge, c’est-à-dire le trai­te­ment des don­nées en vue de la per­son­na­li­sa­ti­on des mesu­res publi­ci­taires, y com­pris, à mon avis, lorsque des don­nées per­son­nel­les coll­ec­tées hors ligne et en ligne sont réunies pour le pro­fi­la­ge. La con­di­ti­on est que

  • le trai­te­ment des don­nées soit limi­té à ce qui est appro­prié au but poursuivi ;
  • le responsable procè­de à une mise en balan­ce des inté­rêts suf­fi­sam­ment con­crè­te, en tenant comp­te des cir­con­stances de l’opé­ra­ti­on, sans que la mise en balan­ce ne s’emballe,
  • docu­men­ter la pesée des inté­rêts et
  • qu’il expli­que de maniè­re suf­fi­sam­ment détail­lée et clai­re le trai­te­ment des don­nées dans une décla­ra­ti­on de pro­tec­tion des données.

Les respons­ables ont le droit d’é­pui­ser l’in­té­rêt légiti­me. Ain­si, en avril 2014, le grou­pe de tra­vail Artic­le 29 (à l’é­po­que) (l’ac­tuel Comi­té euro­pé­en de la pro­tec­tion des don­nées) a émis un avis sur l’in­té­rêt légiti­me (Opi­ni­on 06/2014, WP217),

  • 7 lett­re f est pas seu­le­ment un “der­nier recours pour les cas par­ti­cu­liers où les aut­res bases juri­di­ques ne sont pas appli­ca­bles ; et
  • la mise en balan­ce des inté­rêts a n’a pas pour fonc­tion de pré­ser­ver la per­son­ne con­cer­née de tout effet néga­tifmais seu­le­ment cont­re des char­ges dis­pro­por­ti­onnées. En d’aut­res ter­mes, tout effet néga­tif ne fait pas pen­cher la balan­ce en faveur des per­son­nes con­cer­nées..

Con­cer­nant l’in­té­rêt légiti­me au sens de l’art. 6(1)(f) RGPD

Lors de la déter­mi­na­ti­on de l’in­té­rêt légiti­me, il con­vi­ent de prend­re en comp­te d’u­ne part tous les inté­rêts qui ne sont pas réprou­vés par la loi d’i­den­ti­fier éga­le­ment les inté­rêts com­mer­ci­aux qui par­lent en faveur du trai­te­ment en que­sti­on, étant enten­du qu’il peut s’a­gir des inté­rêts du ou des respons­ables et de tiers, mais aus­si des per­son­nes con­cer­nées elles-mêmes. Tous les inté­rêts con­tra­dic­toires des per­son­nes con­cer­nées doi­vent être con­fron­tés à ces intérêts.

Ensuite, ces inté­rêts sont de les pon­dé­rer et de les mett­re en balan­ce. Selon l’ar­tic­le pré­ci­té WP217 non seu­le­ment l’in­ten­si­té de l’in­ter­ven­ti­on et la pro­ba­bi­li­té que des effets néga­tifs se pro­dui­sent, mais aus­si une série d’aut­res fac­teurs, tels que les suivants :

Aug­men­ta­ti­on du poids du côté du responsable

  • Les per­son­nes con­cer­nées ont accep­té le trai­te­ment à pré­voir rai­sonnablem­entLes don­nées per­son­nel­les peu­vent être coll­ec­tées auprès de cli­ents exi­stants, par exemp­le dans le cad­re d’u­ne rela­ti­on com­mer­cia­le, mais aus­si sur la base d’u­ne décla­ra­ti­on de pro­tec­tion des données ;
  • les inté­rêts qui par­lent en faveur du trai­te­ment ont un Réfé­rence aux droits fon­da­men­taux;
  • le trai­te­ment se situe éga­le­ment dans un l’in­té­rêt public;
  • les inté­rêts se dépla­cent dans l’en­vi­ron­ne­ment d’aut­res bases de trai­te­mentPar exemp­le, le trai­te­ment n’est pas néces­saire pour un cont­rat, mais il est per­ti­nent (voir ci-des­sous la com­pa­ti­bi­li­té des fina­li­tés, qui reprend cet­te idée) ;
  • les inté­rêts sont recon­nu par la socié­té;
  • les inté­rêts devi­en­nent par la RGPD par­ti­cu­liè­re­ment recon­nu, selon les intérêts 
    • à la publi­ci­té direc­te (voir ci-dessous) ;
    • à la trans­mis­si­on de don­nées à des fins admi­ni­stra­ti­ves inter­nes au groupe ;
    • à la garan­tie de la sécu­ri­té des réseaux et de l’information.

Sont par­ti­cu­liè­re­ment importants, selon le con­sidé­rant 47 des atten­tes légiti­mes des per­son­nes con­cer­nées. La con­fé­rence alle­man­de des auto­ri­tés indé­pen­dan­tes de pro­tec­tion des don­nées de l’É­tat fédé­ral et des Län­der (DSK) a fait une pro­po­si­ti­on dans le Docu­ment court n° 3 (“Trai­te­ment de don­nées à carac­tère per­son­nel à des fins de pro­s­pec­tion com­mer­cia­le”) a souli­g­né ce point, tout en pré­cisant que le responsable du trai­te­ment devait tenir comp­te de l’issue de la mise en balan­ce des inté­rêts. par des infor­ma­ti­ons appro­priées sur la pro­tec­tion des don­nées peut :

Si le responsable infor­me de maniè­re trans­pa­ren­te et com­plè­te sur l’uti­li­sa­ti­on pré­vue des don­nées à des fins publi­ci­taires, la per­son­ne con­cer­née s’at­tend en règ­le géné­ra­le à ce que ses don­nées cli­ent soi­ent uti­li­sées en conséquence.

Aug­men­ta­ti­on du poids du côté des per­son­nes concernées

  • Les per­son­nes con­cer­nées sont des enfants ou d’aut­res vul­né­ra­ble com­me par exemp­le chez les per­son­nes âgées ou les malades ;
  • un Réfé­rence aux droits fon­da­men­taux des intérêts ;
  • Trai­te­ment don­nées per­son­nel­les sen­si­bles (mais l’in­vo­ca­ti­on d’un inté­rêt légiti­me est de tou­te façon très limi­tée ici) ;
  • les don­nées trai­tées sont déli­cat ou sus­cep­ti­ble d’a­busLes don­nées per­son­nel­les sont des don­nées qui ne peu­vent pas être uti­li­sées à d’aut­res fins, par exemp­le des don­nées de comp­te, des don­nées de con­te­nu de com­mu­ni­ca­ti­on, des don­nées de loca­li­sa­ti­on, des don­nées très per­son­nel­les tel­les que des don­nées de life logging ;
  • une posi­ti­on par­ti­cu­liè­re­ment for­te sur le mar­ché, du point de vue du grou­pe de tra­vail “Artic­le 29”, ce qui est tou­te­fois dis­cuta­ble à mon avis.

Cer­ta­ins trai­te­ments sont ren­dus obli­ga­toires par la RGPD Les acti­vi­tés de pro­duc­tion sont alors plus limi­tées que d’aut­res ou sont con­sidé­rées com­me par­ti­cu­liè­re­ment ris­quées, par exemp­le l’usinage,

  • pour les­quel­les la per­son­ne con­cer­née relé­gué au rang d’ob­jet respec­ti­ve­ment dis­cri­mi­né serait
  • pour les­quel­les la per­son­ne con­cer­née espionné serait
  • le par­ti­cu­liè­re­ment vaste sont
  • pro­fi­la­ge très com­plet;
  • le Com­bi­nai­son de don­nées per­son­nel­les pro­venant de dif­fé­ren­tes sources et ayant des fina­li­tés dif­fé­ren­tes, dans la mesu­re où cela va au-delà des atten­tes rai­sonn­ables des per­son­nes concernées ;
  • Trai­te­ments de don­nées aux­quels la per­son­ne con­cer­née par­ti­ci­pe empê­ché d’e­xer­cer un droit ou de béné­fi­ci­er d’u­ne pre­sta­ti­on sera.

Garan­ties appropriées

Il faut éga­le­ment tenir comp­te de l’e­xi­stence ou non de “garan­ties appro­priées” (artic­le 6, para­gra­phe 4, point d)). RGPD). Par “garan­ties”, la RGPD de maniè­re géné­ra­le, des mesu­res tech­ni­ques et orga­ni­sa­ti­on­nel­les pour la pro­tec­tion des per­son­nes con­cer­nées, par ex.

  • le cryp­ta­ge ou la pseudonymisation ;
  • les rest­ric­tions d’ac­cès aux don­nées traitées ;
  • Mesu­res de pri­va­cy by design et de pri­va­cy by default ;
  • cou­ver­tures contractuelles
  • garan­tir les droits des per­son­nes concernées ;
  • Garan­tir un droit d’op­po­si­ti­on et une solu­ti­on simp­le d’opt-out ;
  • Réa­li­sa­ti­on d’u­ne ana­ly­se d’im­pact sur la pro­tec­tion des données ;
  • des mesu­res de trans­pa­rence (voir ci-des­sus les atten­tes légiti­mes des per­son­nes concernées) ;
  • Docu­men­ta­ti­on du trai­te­ment et de la pesée des intérêts.

Ces con­sidé­ra­ti­ons jouent un rôle essen­tiel dans la mise en balan­ce des inté­rêts, ce qui don­ne au responsable une cer­taine mar­ge de manœu­vre. Mar­ge de manœu­vre donne.

Con­cer­nant l’in­té­rêt légiti­me à la publi­ci­té directe

Le site RGPD recon­naît, au con­sidé­rant 47, que l’in­té­rêt de la publi­ci­té direc­te est légitime :

Le trai­te­ment de don­nées à carac­tère per­son­nel à des fins de publi­ci­té direc­te peut être con­sidé­ré com­me un trai­te­ment répond­ant à un inté­rêt légitime.

Cela ne répond tou­te­fois pas à la que­sti­on de savoir quel­le est la por­tée de cet inté­rêt ou dans quel­le mesu­re les trai­te­ments de don­nées à des fins de pro­s­pec­tion direc­te peu­vent être fon­dés sur un inté­rêt légitime.

Tout d’a­bord, il faut par­tir du prin­ci­pe que l’in­té­rêt légiti­me pas seu­le­ment la trans­mis­si­on de la publi­ci­té (p. ex. l’en­voi d’un e‑mail, qui est tou­te­fois inter­dit en ver­tu de l’art. 3, al. 1, let. o UWG ou la légis­la­ti­on loca­le appli­ca­ble en matiè­re de com­porte­ment sur le mar­ché), mais éga­le­ment les trai­te­ments de don­nées anté­ri­eurs peut sai­sir, à savoir notam­ment un pro­fi­la­ge. Cela découle du droit d’op­po­si­ti­on spé­ci­fi­que pré­vu à l’ar­tic­le 21, para­gra­phe 2, de la direc­ti­ve sur la pro­tec­tion des don­nées. RGPD:

Si des don­nées à carac­tère per­son­nel sont trai­tées à des fins de publi­ci­té direc­te, la per­son­ne con­cer­née a le droit de s’op­po­ser à tout moment au trai­te­ment des don­nées à carac­tère per­son­nel la con­cer­nant à de tel­les fins de publi­ci­té ; cela s’ap­pli­que éga­le­ment au pro­fi­la­ge dans la mesu­re où il est lié à une tel­le publi­ci­té directe.

Un tel droit d’op­po­si­ti­on n’a de sens que si le trai­te­ment en que­sti­on n’est pas fon­dé sur un con­sen­te­ment ; dans ce cas, le droit de révo­ca­ti­on de l’ar­tic­le 7, para­gra­phe 3, s’ap­pli­quer­ait déjà. RGPD.

L’ar­tic­le men­ti­onné plus haut est éga­le­ment révé­la­teur WP217. Le grou­pe Art.29 y main­ti­ent tout d’abord

[…] les con­trô­leurs peu­vent avoir une inté­rêt légiti­me à con­naît­re les pré­fé­ren­ces de leurs cli­ents afin de leur per­mett­re de mieux per­son­na­li­ser leurs off­reset, en fin de comp­te, offrir des pro­duits et des ser­vices qui répon­dent mieux aux beso­ins et aux désirs des cli­ents. A la lumiè­re de ce qui pré­cè­de, l’ar­tic­le 7 (f) peut être un fon­de­ment juri­di­que appro­prié à uti­li­ser pour cer­ta­ins types d’ac­ti­vi­tés de mar­ke­ting, en ligne et hors ligne, à con­di­ti­on que des garan­ties appro­priées soi­ent mises en place […]. 

Il en res­sort éga­le­ment que l’in­té­rêt légiti­me peut inclu­re le pro­fi­la­ge à des fins publicitaires.

En tant que Résul­tat inter­mé­di­ai­re il en résul­te que l’in­té­rêt légiti­me au sens de l’art. 6(1)(f) RGPD

  • Le nombre de par­ti­ci­pan­ts au mar­ke­ting direct est en prin­ci­pe considérable,
  • cou­vre éga­le­ment le pro­fi­la­ge, par exemp­le le pro­fi­la­ge des cli­ents à des fins de mar­ke­ting personnalisé,
  • sous réser­ve que le responsable du trai­te­ment met­te en place des garan­ties appropriées.

Cela est éga­le­ment évi­dent du point de vue du résul­tat : il est dif­fi­ci­le de voir quels inté­rêts du cli­ent sont att­eints de maniè­re exce­s­si­ve lorsque des mesu­res de mar­ke­ting sont adap­tées à ses inté­rêts (sup­po­sés), d’autant plus que le cli­ent dis­po­se à tout moment du droit d’op­po­si­ti­on incon­di­ti­on­nel pré­vu à l’art. 21, al. 2. RGPD peut fai­re appel. La limi­te serait pro­ba­blem­ent att­ein­te lorsque l’au­to­dé­ter­mi­na­ti­on du cli­ent est con­tour­née. Dans ce cas, le droit du com­porte­ment sur le mar­ché inter­vi­ent, par exemp­le le droit de la con­cur­rence déloya­le (en Sui­s­se, art. 3, al. 1, let. h). UWGqui inter­dit la publi­ci­té agres­si­ve ; de même, le para­gra­phe 4a de la loi alle­man­de UWG). Il est logi­que d’uti­li­ser cet­te limi­te com­me ligne direc­tri­ce dans le droit de la pro­tec­tion des don­nées. Il reste donc les ris­ques géné­raux lorsque des bases de don­nées volu­mi­neu­ses sont cré­ées (par exemp­le le poten­tiel de dom­mages accru en cas d’ac­cès non auto­ri­sé). Cela ne con­sti­tue tou­te­fois pas un motif d’in­ter­dic­tion, mais aug­men­te le cas échéant les exi­gen­ces en matiè­re de garan­ties appropriées.

Sui­vi en ligne

Dans le domaine du sui­vi en ligne, la por­tée de l’in­té­rêt légiti­me fait actu­el­le­ment l’ob­jet de dis­cus­sions en Alle­ma­gne. La con­fé­rence des auto­ri­tés indé­pen­dan­tes de pro­tec­tion des don­nées de l’É­tat fédé­ral et des Län­der men­ti­onnée plus haut (DSK) défend la posi­ti­onLe Comi­té esti­me que l’uti­li­sa­ti­on de méca­nis­mes de sui­vi, com­me les coo­kies qui ne sont pas néces­saires d’un point de vue tech­ni­que, doit fai­re l’ob­jet d’un examen appro­fon­di. Con­sen­te­ment requis:

En tout état de cau­se, un con­sen­te­ment pré­alable est néces­saire lors de l’uti­li­sa­ti­on de méca­nis­mes de sui­vi qui per­met­tent de com­prend­re le com­porte­ment des per­son­nes con­cer­nées sur Inter­net et lors de la créa­ti­on de pro­fils d’uti­li­sa­teurs. Cela signi­fie qu’un con­sen­te­ment éclai­ré au sens de l’art. RGPDLe con­sen­te­ment de l’uti­li­sa­teur doit être obte­nu avant le trai­te­ment des don­nées, sous la for­me d’u­ne décla­ra­ti­on ou de tou­te aut­re action con­fir­mant clai­re­ment le con­sen­te­ment, par exemp­le avant l’in­stal­la­ti­on de coo­kies ou la coll­ec­te d’in­for­ma­ti­ons stockées sur l’é­qui­pe­ment ter­mi­nal de l’utilisateur.

Cet­te posi­ti­on a fait l’ob­jet de cri­ti­ques justi­fi­ées (par ex. le GDD). La lit­té­ra­tu­re (alle­man­de) (par ex. ici) est éga­le­ment plus libé­ra­le ; elle tend à auto­ri­ser le tra­ça­ge en ligne et la créa­ti­on d’u­ne base de don­nées cor­re­spond­an­te. Pro­fils basés sur un inté­rêt légiti­me à con­di­ti­on que les don­nées coll­ec­tées à cet­te occa­si­on trai­tées uni­quement sous for­me de pseud­ony­mes sont appli­ca­bles. En fin de comp­te, la régle­men­ta­ti­on des § 13 et 15 de la loi alle­man­de sur les télé­mé­di­as est ain­si reconduite.

Cet­te posi­ti­on plus stric­te con­cer­ne le domaine du sui­vi en ligneMais, à mon avis, elle doit être limi­tée aux per­son­nes qui pas les cli­ents exi­stants sont des don­nées per­son­nel­les. Pour les cli­ents exi­stants, la pesée géné­ra­le des inté­rêts doit s’ap­pli­quer, rai­son pour laquel­le les don­nées coll­ec­tées en ligne peu­vent éga­le­ment être coll­ec­tées sous for­me de don­nées à carac­tère per­son­nel et, le cas échéant, être com­bi­nées avec d’aut­res don­nées per­son­nel­les. Mais même pour le domaine du sui­vi en ligne des non-cli­ents, la pesée des inté­rêts ne peut pas se fai­re de maniè­re aus­si sché­ma­tique et doit notam­ment tenir comp­te des garan­ties appro­priées. Il con­vi­ent de tenir comp­te des élé­ments suivants :

  • L’in­té­rêt pour les mesu­res publi­ci­taires est en prin­ci­pe justi­fié. Art. 6 al. 1 let. f RGPD ent­re donc en ligne de comp­te com­me base juridique.
  • Lors de l’ap­pli­ca­ti­on de cet­te dis­po­si­ti­on, tous les inté­rêts doi­vent être pon­dé­rés et mis en balan­ce. La pesée des inté­rêts ne doit pas nég­li­ger les garan­ties dans le cas con­cret (com­me par exemp­le les mesu­res de trans­pa­rence ou la réa­li­sa­ti­on d’u­ne ana­ly­se d’im­pact rela­ti­ve à la pro­tec­tion des données).
  • Le site RGPD accor­de un poids accru à l’in­té­rêt des mesu­res de publi­ci­té direc­te dans le con­sidé­rant 47.
  • En l’ab­sence de clau­se d’ou­ver­tu­re, ces pre­scrip­ti­ons ne lais­sent aucu­ne place à des exi­gen­ces plus stric­tes de la part des États membres.
  • Une réfé­rence au droit alle­mand ne doit pas remett­re en cau­se les droits acquis par la RGPD ne por­te pas att­ein­te à l’uni­for­mi­sa­ti­on juri­di­que sou­hai­tée à l’é­chel­le de l’Union.

En con­clu­si­on, les respons­ables ne sont pas, à mon avis, exclus par prin­ci­pe de l’in­vo­ca­ti­on d’un inté­rêt légiti­me dans le domaine de la publi­ci­té en ligne, même s’ils ne trai­tent pas les don­nées cor­re­spond­an­tes sous une for­me pseud­ony­mi­sée ; une gran­de insé­cu­ri­té juri­di­que sub­si­ste bien sûr.

Dig­res­si­on : la com­pa­ti­bi­li­té des objectifs

L’art. 5(1)(b) et l’art. 6(4) peu­vent con­sti­tuer une aut­re base juri­di­que. RGPD sont : les Trai­te­ment (ulté­ri­eur) à des fins com­pa­ti­bles est cou­ver­te par la légiti­mi­té de l’ob­jec­tif d’o­ri­gi­ne ; “dans ce cas keine andere gesonderte Rechtsgrundlage erforderlich”(con­sidé­rant 50 ; ce point est tou­te­fois con­te­sté ; voir notam­ment Herbst in Kühling/Buchner).

Dans ce con­tex­te, une Mise en balan­ce en ver­tu de l’art. 6(4) RGPD qui tient comp­te, ent­re aut­res, des fac­teurs men­ti­onnés à l’ar­tic­le 6(4) lett­res a‑d. En fin de comp­te, les con­sidé­ra­ti­ons rela­ti­ves à la déter­mi­na­ti­on de l’in­té­rêt légiti­me et cel­les rela­ti­ves au con­trô­le de com­pa­ti­bi­li­té sont donc simi­lai­res. La dif­fé­rence rési­de dans le fait que la com­pa­ti­bi­li­té des fina­li­tés peut éga­le­ment légiti­mer le trai­te­ment de caté­go­ries par­ti­cu­liè­res de don­nées per­son­nel­les (com­me le pré­voit l’art. 6(4)(let. c)). RGPD clai­re­ment). Cela pré­sup­po­se tou­te­fois que le trai­te­ment de tel­les don­nées per­son­nel­les était lici­te pour l’ob­jec­tif d’o­ri­gi­ne, ce qui – en tout cas pour les ent­re­pri­ses en Sui­s­se – pré­sup­po­se sou­vent un con­sen­te­ment. La que­sti­on est donc moins ici de savoir si un trai­te­ment est “com­pa­ti­ble” avec la fina­li­té d’o­ri­gi­ne que de savoir si le con­sen­te­ment a été for­mulé de maniè­re suf­fi­sam­ment large.

Au final, la com­pa­ti­bi­li­té des fina­li­tés ne con­duit donc guè­re à légiti­mer des trai­te­ments qui ne sont pas déjà légiti­més par un inté­rêt légitime.